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Partenariats public privés et investissements solidaires

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La troisième table-ronde a porté sur les partenariats public-privé et les investissements solidaires. L’implication du secteur privé dans le financement du développement a été illustrée par trois expériences complémentaires.

Finalement, le principe des investissements socialement responsables et de l’encouragement de la redirection d’une partie de l’épargne publique vers le financement du développement a été mis en avant par Xavier de Bayser, Président de IDEAM, la filiale du Crédit agricole dédiée à l’investissement socialement responsable. L’idée est de détourner une partie des grands flux financiers privés vers des projets rentables de développement. Elle est fondée sur la pratique ancienne du « glanage » : allocation de 10% de ces ressources à des projets de développement. Cette idée répond à des intérêts croisés : la totalité de ces 10% est investie directement dans des projets solidaires sans pertes en ligne, l’investisseur bénéficie de sa contribution en termes d’image et grâce à la condition de rentabilité -même limitée- des projets, notamment à long terme. M. de Bayser a fait le point sur quelques exemples concrets, dont Danone communities et les yahourteries au Bengladesh, où des sociétés de microcrédit dans le domaine des semences potagères ont été créées.

Jean-François Rial, président-général de Voyageurs du Monde, a souligné l’importance de sensibiliser le secteur privé à l’intérêt économique de son engagement financier en faveur de grandes causes de développement (travail de pédagogie). présenté l’expérience de Voyageurs du Monde dans le domaine du tourisme solidaire (contribution volontaire là où n’existe pas de taxe sur les billets d’avion) et les éléments nécessaires pour convaincre le secteur privé de participer aux initiatives de financement innovant du développement qui doivent selon lui répondre à trois critères : (i) aucun impact négatif sur l’économie du marché considéré (ex : le consommateur ne renoncera pas à son vol si le prix augmente de 2€), (ii) aucun effet de délocalisation et (iii) aucune distorsion de concurrence en résultant (toutes les compagnies aériennes sont soumis à la même taxe par exemple)

Erick Maville, directeur Europe de la coalition mondiale des entreprises contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, a présenté les activités de cette coalition en mettant l’accent sur l’importance de l’engagement, l’utilisation des fonds et la présentation de projets. Selon lui, l’engagement des entreprises en faveur de grandes causes est plus importante que jamais pour plusieurs raisons. D’une part les attentes des consommateurs évoluent, et ils cherchent à donner un sens à leur achat ; d’autre part, les entreprises commencent à comprendre leur intérêt économique, d’image, et de motivation des employés et de co-investissements à répondre à ces demandes ; enfin les « grandes causes » sont très actuelles. M. Maville a par ailleurs présenté quelques actions et projets de la Coalition, comme par exemple l’appui au lancement de la campagne RED, la mise en œuvre de Partenariats publics privés en Zambie et au Kenya, ou le Partenariat avec la Fondation du Millénaire pour le Développement. Les entreprises ont des attentes légitimes vis à vis des autorités publiques concernant l’additionalité (vis à vis des volumes d’aide publique au développement pour les pays développés) et la transparence dans l’utilisation des fonds (pour les pays en développement).

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Présentation powerpoint de M Maville

A travers ces trois exemples concrets, la session a illustré le rôle majeur joué par le secteur privé dans le financement du développement. Elle a permis de lancer une réflexion plus approfondie sur les attentes du secteur privé vis à vis des autorités publiques.

La recommandation de la Global Business Coalition visant à une plus grande représentation du secteur privé au sein du Groupe Pilote a été appréciée. La Coalition a souligné le rôle du Groupe Pilote pour diffuser ces bonnes pratiques et encouragé les entreprises à rejoindre le Groupe. Les financements innovants du secteur privé présentent en effet un fort potentiel de croissance, à condition de mettre en valeur l’intérêt notamment économique du secteur privé à investir en faveur du développement : préservation de l’environnement, santé, éducation, lutte contre la pauvreté et la faim.

Le 15 juin 2009

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