Accueil du site

Financements innovants pour le développement – Déclaration

1. Nous sommes à 5 ans de l’échéance de 2015 fixée pour la réalisation des objectifs du millénaire (OMD) sur lesquels nous nous sommes collectivement et solennellement engagés en 2000 aux Nations Unies.

2. Des progrès significatifs ont été accomplis au cours de la dernière décennie sur plusieurs OMD, dépassant ceux réalisés au cours des quarante dernières années. Mais beaucoup reste à faire : près d’un quart de la population mondiale vit sous le seuil de pauvreté ; 1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 2,6 milliards à des services d’assainissement de base ; 1 milliard de personnes souffrent de la faim, alors qu’il nous faudra nourrir 9 milliards d’habitants en 2050 ; 72 millions d’enfants demeurent non scolarisés ; et les trois grandes pandémies (VIH/SIDA, tuberculose, paludisme) continuent à tuer près de 5 millions de personnes par an.

3. Le monde est aujourd’hui confronté à une série de défis et de crises interdépendants, qu’il s’agisse de la lutte contre la pauvreté et la faim, de la sécurité alimentaire, des maladies infectieuses, de l’accès à un enseignement de qualité, de l’accès à l’eau et à des services d’assainissement, de la menace du réchauffement planétaire, de l’accès à une énergie durable ou des crises financières.

4. Afin de relever ces défis et d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés pour 2015, il nous faut un nouveau partenariat mondial axé sur des politiques efficaces, des mesures transparentes, le respect des droits humains et la bonne gouvernance. Pour soutenir ce partenariat, un financement durable du développement est nécessaire. L’économie est globalisée mais le financement de la solidarité en faveur du développement reste morcelé et volatile.

5. Nous sommes à cet égard convaincus de l’importance cruciale que revêt l’aide publique au développement (APD) et réaffirmons l’importance d’honorer tous les engagements pris en matière d’APD, notamment l’engagement pris par de nombreux pays développés d’atteindre un objectif d’APD de 0,7% du RNB d’ici 2015. Nous sommes convaincus, dans le même temps, de l’importance d’approches innovantes, en complément de l’aide traditionnelle, afin d’apporter des flux plus stables et prévisibles pour financer la solidarité internationale et répondre aux défis du XXIème siècle. Les mécanismes de financement innovants du développement déjà mis en place ont fait la preuve de leur efficacité, en apportant plus de 3Mds de dollars de ressources supplémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour lutter contre les pandémies, permettre l’accès aux médicaments essentiels et accélérer les programmes de vaccination.

6. L’ampleur des défis nous impose aujourd’hui de changer d’échelle en matière de financements innovants, comme la communauté internationale s’y est engagée à Doha en décembre 2008. Le monde ne peut attendre. Le développement est aussi l’une des réponses à la crise économique. L’inaction entraînera des coûts plus élevés pour les générations futures.

7. Nous pensons que ceux qui bénéficient de la mondialisation économique doivent contribuer à l’effort de solidarité. Il nous faut maintenant examiner comment ils peuvent contribuer à relever les défis du développement durable.

8. A cet égard, nous étudions les modalités d’une contribution assise sur les transactions financières internationales, d’un très faible montant mais applicable sur une large échelle et pour de nombreuses opérations, qui pourrait apporter des financements stables et substantiels pour le développement, sans distorsions économiques ni dommages pour l’économie réelle. L’assiette, le taux et les modalités de recouvrement pourraient être coordonnés entre les Etats. Dans le contexte de l’automatisation et de la centralisation croissantes des transactions financières, la faisabilité technique de tels mécanismes a été mise en évidence dans les derniers rapports d’experts, y compris le rapport mondialiser la solidarité : pour des contributions du secteur financier.

9. Nous croyons indispensable que les recettes issues d’un tel mécanisme soient utilisées de façon transparente et efficace, en complément de l’APD traditionnelle, et en accordant une importance prioritaire aux résultats, pour financer des objectifs bénéficiant d’un large soutien international tels que l’éducation pour tous, la lutte contre les grandes pandémies, l’accès à l’alimentation ainsi qu’à l’eau et à des services d’assainissement, et les autres défis globaux pour le développement durable.

10. Nous appelons les autres membres des Nations Unies à se joindre à nous pour explorer les moyens de changer d’échelle en matière de financements innovants, de façon coordonnée au niveau international, et pour étudier comment gérer les recettes qu’ils pourraient générer. L’heure est venue de faire preuve de volonté politique. Nous avons mondialisé l’économie : il est temps maintenant de mondialiser la solidarité.

Le 21 septembre 2010

Version à imprimer Version à imprimer
XHTML valid | © Tous droits reservés - 2009